"- CONVICTION:
A. Terme juridique: nécessité où l'on met quelqu'un par des preuves ou des témoignages de reconnaître quelque chose pour vrai.
B. Certitude ferme et suffisante pour l'action, mais non tout à fait rigoureuse (soit qu'elle repose seulement sur une très grande probabilité; soit qu'elle repose sur un mélange de raisons et de sentiments forts); conviction intime.
C. Certitude logique.
D. Opinion probable.
Critique:
il faut distinguer dans ce mot deux significations:
- l'une marquant un changement - l'autre un résultat
caractère intellectuel et logique intervention de la croyance
signification plus classique signification plus moderne
+ tenir compte de l'opposition usuelle entre:
- convaincre et - persuader
par des raisons par l'imagination et l'émotion
en général au profit de la vérité quelquefois au profit de l'erreur
= conviction: adhésion de l'esprit suffisante pour déterminer et décider l'action, mais différant:
1° de la certitude en ce qu'elle admet une part de probabilité, et par conséquent une possibilité d'erreur, pratiquement négligeable, mais non théoriquement nulle;
2° de la croyance, en ce que celui qui est convaincu l'est par des raisons intellectuelles et non par des motifs pratiques et personnels.
Le mot CONVICTION semble indiquer l'ASPECT INTELLECTUEL D'UNE CROYANCE FORTE, c'est-à-dire le côté lumineux d'une adhésion ferme sans doute, mais dont la justification n'est pas tout à fait rationnelle"
Vocabulaire technique et critique de la philosophie LALANDE
Jargon philosophique à décrypter, qui distingue "convaincre" (avec des arguments, en faisant appel à la raison) de "persuader" (qui joue sur l'affectif, les sentiments ou besoins), ce qui tend à prouver que la conviction est fondée sur une réflexion et peut se justifier, se traduit par un jugement qui engage une action.
Par son assurance la conviction s'oppose à l'opinion et au caprice certes, MAIS la conviction reste subjective, n'appartient qu'au sujet qui la formule, et ne peut se fonder rationnellement ni avoir de valeur universelle.
En ce sens, la conviction a à voir avec la FOI, ou confiance en des raisons de croire, croyance consciente d'être croyance et soutenue par la volonté.
Pourquoi scander "J'ai la conviction", "Je suis convaincu", dans chaque discours politique actuel?
Histoire de nous "convaincre" qu'une mûre réflexion préside à toute annonce ou décision, et de donner à ceux qui l'auraient perdue la foi en leurs hommes politiques, impuissants ou pas encore face aux exigences économiques? Bref, convaincre, nous convaincre, se convaincre, s'"auto-convaincre", s'"ego-convaincre" (jeu de mots maladroit!) ... mais ce matraquage sonne creux, ne dépasse pas l'appel à la croyance. "Croyez-moi", "Croyez en moi", "Ayez confiance, en moi"... Seul salut?
Du discours de Latran aux envolées rhétoriques de cette semaine, je ne vois que l'appel à une démission de la raison, et tout se tient. Journalistes la semaine dernière, enseignants cette semaine, les attaques sont des menaces contre l'esprit. Et l'autocensure devient le masque de la censure. Du droit du plus fort...





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